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Le Cunnilingus

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Cette pratique sexuelle serait l’acte préféré des femmes.

A tel point que la majorité d’entre elles pourraient s’en satisfaire, voire lui sacrifier tout le reste, si celui-ci est bien fait, cela va de soit ! Cependant il reste souvent considéré comme un simple préliminaire, à tort car il peut amplement se suffire à lui-même.

Bon nombre de femmes restent toutefois réticentes à l’idée de le pratiquer n’étant pas assez à l’aise avec leur propre corps ou l’idée d’une telle proximité avec le sexe. Mais rassurez-vous, tout ceci se soigne. Donner un cunnilingus procure un réel plaisir, sensuel et sexuel. Pour la majorité, il représente une corvée, une obligation de réciprocité, un cadeau, ou un « plaisir de donner du plaisir » au mieux.

Le premier obstacle d’un cunnilingus réussi, souvent ignoré est le manque de communication des femmes. Sous prétexte de ménager l’égo de leur partenaire, elles supportent souvent des caresses qui ne leur procurent pas de plaisir, qui peuvent même être désagréables. Communiquer c’est avant tout informer votre partenaire de ce qu’on aime, et ainsi ne pas systématiquement remette en cause les compétences sexuelles de l’autre.

 

Avant de se lancer à corps perdu dans cette aventure, sachez que la stimulation de zone érogène à froid est désagréable et douloureuse, quelle qu’elle soit : il ne s’agit jamais que d’une zone spécialement riche en terminaisons nerveuses, et le plaisir dépend plus du désir que d’une stimulation mécanique. Le clitoris est une boule de nerfs ultra sensible, et la plupart des femmes ont besoin de temps pour éveiller leur désir et leur plaisir. Ainsi, il ne faudra négliger aucuns « recoins » de son sexe : des grandes lèvres, aux petites, du capuchon du clitoris, à son gland, la tige de celui-ci (qui remonte jusque sous le pubis), puis le périnée et enfin l’entrée du vagin.

Dans cet art, il est autant important de s‘intéresser à la bouche qu’au sexe féminin. La langue est d’ailleurs d’après le Tao sexuel, « une arme érotique par excellence, et le premier instrument stratégique dans l’acte sexuel ». La bouche est une zone érogène primitive et primordiale, à défaut d’être considéré comme une zone érogène primaire en sexologie.

La langue quant à elle est le muscle le plus puissant du corps humain, (composée de 17 muscles striés). Elle peut ainsi pointer, s’aplatir, s’allonger, se tendre, presser du plus doucement au plus fortement, vibrer, claquer, et enfin alterner tous ces actes. Elle est lisse en dessous et rugueuse au-dessus, chaude et humide, molle et fondante comme un loukoum, ou ferme et dure comme un doigt. Précéder donc toujours un cunnilingus par de longs baisers. Embrassez votre partenaire avec art est le meilleur moyen d’éveiller la sensualité de sa bouche et de stimuler ses capacités. Le baiser étant le préliminaire idéal pour éveiller le désir de votre partenaire. Vous pourrez ensuite appliquer les baisers aux lèvres du haut à celles du bas.

 

En revanche beaucoup de femmes sont mal à l’aise avec leur corps : la honte de ses parties génitales, la crainte de les exposer, la sensation d’être sale ou laide empêche l’abandon nécessaire pour atteindre l’orgasme. De plus les partenaires sont souvent eux-mêmes mal à l’aise avec la partie la plus intime du sexe féminin, ses reliefs et ses replis, ses fluides et ses parfums. Aimer le sexe féminin est la condition préalable à tout cunnilingus. Chaque vulve est une œuvre d’art, unique et chacune de ses particularités participent à sa beauté.

Entretenir sa toison pubienne participe à la sexualité dans la mesure où embellir son sexe aide à l’aimer davantage et à se sentir désirable. Ainsi libre choix de laisser tout cela en friche, d’opter pour le minimum syndical avec une coupe aux ciseaux ou à la tondeuse, ou bien des épilations plus ou moins travaillées. Il faut savoir malgré tout que la toison féminine a un rôle fondamental dans nos rites sexuels et qui est négligé de nos jours, c’est qu’elle est un stimuli olfactifs : nous avons aujourd’hui perdu la faculté de respirer les odeurs et d’en tirer du plaisir. Quoiqu’on en dise, quoi qu’on en pense les poils sont le principal garant de la conservation permanente d’un puissant signal érotique.

 

En effet, dans notre culture, les odeurs et sécrétions corporelles restent gênantes, voire taboues. Il en résulte un dérapage vers l’obsession de la propreté, de la fraicheur, de l’aseptisé … gels de toilettes ou serviettes hygiéniques parfumés, déodorants intimes se vendent sur l’idée que le sexe féminin est malodorant, sale, honteux. Ainsi la question de l’hygiène peut devenir une névrose, une obsession maniaque tout à fait réfrigérante : la honte ou la crainte des parties génitales (les siennes ou celles de l’autre) reste le premier handicap à l’épanouissement sexuel.

 

Mais contrairement à la croyance générale le vagin est beaucoup plus propre que la bouche, il contient moins de bactéries. Ainsi, une toilette quotidienne suffit amplement à une hygiène normale, sauf problème médicale particulier, pas besoin de plus. Les muqueuses et surtout l’intérieur du vagin se nettoient tout seul. Les muqueuses sont toutes équipées de systèmes de défense contre les agressions  extérieures. La flore vaginale et ses bacilles se chargent de conserver le vagin propre et sain.

 

Comme pour toute pratique sexuelle, il existe avec le cunnilingus un risque de transmission de MST ou IST. Le risque est faible pour le HIV, mais est bien réel et avéré pour d’autres, tel que : hépatites, herpès, condylomes, syphilis … on utilisera alors le principe de précaution en appliquant toutes les règles de sécurité du safe sex, c’est à dire proscrire tout contact de fluides contaminants tel que le sang, les fluides, la salive, entre eux ou avec, des muqueuses ou microcoupures de la bouche ou de la vulve.

Les sextoys utilisés seront à recouvrir de préservatifs et vos doigts et mains, de gants en latex, ou des protèges doigts. Pour plus de protection encore, utilisez une digue buccale (rappelons que le terme « digue dentaire » couramment utilisé a contrario, a un trou au milieu de sorte à ce que le dentiste puisse soigner vos dents, et a donc beaucoup moins d’intérêt pour nous ici !!). La digue buccale est un carré en latex ou en polyuréthane ultra fin qui s’applique directement sur la vulve et sert de protection buccale afin de ne pas être en contact direct bouche / vulve. Autre option, plus facile d’accès et si vous avez l’âme "bricoleuse" : fendre un préservatif en deux, dans le sens de la longueur ou faire de même avec un gant en latex (on fendra du côté de l’auriculaire), de sorte à utiliser le pouce en latex pour y introduire votre langue.

 

Il y a plusieurs stades de savoir faire amoureux :

- Faites d’abord ce que vous aimez qu’on vous fasse : il y a des chances que cela apporte à l’autre autant de plaisir qu’à vous. C’est d’ailleurs ce qu’on fait intuitivement, depuis le début  de la vie sexuelle

- Faites à l’autre ce qu’il vous fait, en vous concentrant spécialement sur ce qui ne vous plait pas trop. Votre partenaire vous léchouille l’oreille pendant des heures alors que cela vous laisse de marbre ? Elle pense vous donner du plaisir parce que cela la rend folle

- Faites à l’autre tout ce que vous avez appris avec d’autres partenaires

- Faites à l’autre tout ce que vous pouvez inventer pour lui, tout ce qu’il vous inspire.

Massage, pression, caresses, léchages, coups de langue, pincement, mordillage, succion, chatouillement, pénétration, tous les coups, ou presque sont permis, à vous de doser. Utilisez néanmoins le mordillage avec modération, sur une zone aussi sensible cela nécessite une dextérité toute particulière, réservez-le surtout à l’intérieur des cuisses, l’aine, mais aussi les grandes lèvres, c’est à dire sur les zones de peau et non sur les muqueuses plus fines et plus délicates.

 

Au paroxysme de l’excitation le vagin apprécie beaucoup d’être pénétré par 2 ou 3 doigts, qui peuvent rester immobiles ou bien stimuler le point G. Mais gare à ne pas alterner le rythme de votre langue qui ne souffrirait à ce moment-là aucune relâche du rythme. Une simple pression sur le périnée décuple les sensations et peut provoquer l’orgasme, comme la stimulation anale, particulièrement sensible à toutes les marques d’attention. Enfin vous pouvez introduire votre pouce dans son vagin et votre index dans son anus (ou l’inverse, si cela vous semble plus pratique) mais il faudra vous y tenir dès que l’anus sera pénétré à cause de la règle d’or : ne jamais alterner la pénétration vagin après l’anus, et inversement. Vous découvrirez alors l’incroyable sensibilité de la paroi qui sépare le vagin et l’anus : la pince de crabe. Enfin, vos doigts peuvent remplacer votre langue sur le gland du clitoris en cas de fatigue ou de crampe : à ce stade, le remplacement peut-être avantageux, si vous maintenez pression et rythme et prenez soin de laisser votre bouche en contact avec la vulve pour ne pas briser la magie.

L’imminence de l’orgasme fait le gland du clitoris se rétracter, ne vous laissez pas vous désorienter pour autant. Maintenez la pression et la position et ne modifier en aucun cas votre rythme. A l’approche du plaisir certaines femmes resserrent les jambes, alors votre bouche doit soutenir l’assaut des spasmes de l’extase. L’orgasme n’est achevé que lorsque le corps retombe, dans une détente totale. Ainsi jusqu’à immobilisation obstinez-vous dans le même mouvement, même pression, même rythme, malgré les contorsions. Et comme vous avez certainement déjà du vous en rendre compte, après un premier orgasme clitoridien, il est possible d’en enchainer plusieurs autres d’affilées, les suivants seront alors plus rapides et intenses. Eviter juste le gland du clitoris terriblement sensible à ce moment là, et privilégiez les baisers sur la vulve en allant crescendo.

L’utilisation de sextoys peut réellement être un plus. Optez alors pour un mini vibro afin d’agrémenter votre cunnilingus. Faites lui parcourir tout le corps de votre partenaire puis le faire glisser sur le périnée, à l’entrée du vagin, contre l’anus, ainsi la vibration se diffusera sur toute la zone pelvienne, jusqu’à votre langue. Le must étant le Toy Joy, un mini vibro qui se place directement sur la langue grâce à une bague ou un piercing et rendra ainsi votre langue et donc vos caresses bioniques !! Et pourquoi pas les boules de geisha ? Leur présence dans le vagin pendant le cunnilingus stimulera les muscles du périnée en les faisant se contracter et la sensation de se sentir "pleine" peut aussi être très appréciable pendant cette pratique.

 

Bien que la pratique du cunnilingus soit très fréquente, l’orgasme est souvent difficile à atteindre ou à provoquer par cette voie. Mais l’orgasme n’est pas obligatoire dans un rapport sexuel satisfaisant bien qu’il soit apprécié par l’immense majorité comme l’aboutissement naturel du plaisir partagé.

Le plus important étant le plaisir que l’on prend, d’un côté comme de l’autre.

Et paradoxalement les personnes qui pratiquent le plus l’amour oral sont celles qui ont la sexualité la plus créative … et le plus de rapports pénétrants !!

 

Source "Osez le Cunnilingus", Coralie Trinh Thi - La Musardine